Né le 20 mars 1969 à Abomey, une ville historique et symbolique du Bénin en référence à sa résistance à l'invasion du Dahomey par les colons français, connue pour la ténacité de certains de ses souverains tel le roi, Béhanzin, Joseph Fifamin Djogbénou s’est d’abord illustré dans les milieux académique et judiciaire. Avocat de formation et professeur agrégé de droit, il bâtit sa réputation autour des questions juridiques et constitutionnelles avant de s’engager plus tard dans l’arène politique même s'il y avait déjà un pas à travers ses prises de position de militant engagé de la société civile.
Pour être plus explicite, son entrée formelle en politique remonte en 2015 avec la création du parti Alternative Citoyenne (AC). La même année, il est élu député sur la liste de l’Union fait la Nation (UN) et prend la tête de la Commission des Lois, de l'Administration et des Droits de l'Homme, un poste en adéquation avec son expertise. Cette période coïncide avec les premières étapes des réformes politiques qui conduiront à la recomposition du paysage partisan béninois.
En 2016, après l’élection de Patrice Talon à la présidence de la République, Joseph Djogbénou est nommé ministre de la Justice et de la Législation, Garde des Sceaux. Deux ans plus tard, il rejoint la Cour constitutionnelle. Grâce à son charisme et à son expertise dans le domaine du droit, il prendra la tête de cette institution républicaine dont l'importance n'est plus à démontrer dans un régime démocratique comme le nôtre au regard bien entendu des prérogatives constitutionnelles à elle, dévolues. Il occupe ce poste de président de la Cour constitutionnelle jusqu’à sa démission en juillet 2022.
Parallèlement, il participe à la transformation du système partisan. Son parti Alternative Citoyenne fusionne avec d’autres formations pour donner naissance à l’Union Progressiste le 1er décembre 2018. En juillet 2022, il succède à Bruno Ange-Marie Amoussou à la tête de la plus grande formation politique de notre pays à l'époque et d'ailleurs jusqu'à ce jour. La fusion avec le Parti du Renouveau Démocratique de Me Adrien Houngbédji aboutit ensuite à l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R), dont il assure la présidence et qu’il conduit à de bons résultats électoraux lors des législatives de 2023 puis des élections couplées législatives et municipales et communales du 11 janvier dernier.
Élu député, il avait précédemment renoncé à siéger, cédant ainsi son siège à son suppléant de l'époque, Orden Alladatin, pour se consacrer à la direction politique de son parti. Son accession à la présidence de l’Assemblée nationale marque désormais son retour au cœur de l’activité parlementaire, mais cette fois à la tête de l'Assemblée nationale.
Avec cette élection, Joseph Fifamin Djogbénou prend les rênes de l'Assemblée nationale dans un contexte politique dominé par les formations soutenant l’action gouvernementale. Ses expériences juridique et institutionnelle seront déterminantes pour conduire les travaux de la dixième législature et assurer la coordination des activités parlementaires au cours de la nouvelle législature qui a été officiellement installée ce dimanche 8 février 2026 par le président du bureau d'âge N'DAH Antoine N'dah, 79 ans assisté des deux plus jeunes députés de la dixième législature que sont Issa Youssouf, 31 ans, et Faridatou Zachari Traoré Yacoubou, 36 ans.
Par cette élection de Joseph Djogbénou à la tête de l'Assemblée nationale, c'est un nouveau cycle qui vient de s'ouvrir sur la démocratie béninoise avec le premier septennat de l'ère du renouveau démocratique dans notre pays.
Léonel EBO