La page semble se tourner pour Thomas Boni Yayi au sein de Les Démocrates. La coordination du parti d’opposition, réunie vendredi à Cotonou, a officiellement entériné la démission de son président fondateur, mettant ainsi fin à plusieurs jours d’incertitudes au sein de la formation politique.
Dans une lettre datée du 3 mars 2026 adressée aux instances dirigeantes, l’ancien chef de l’État a justifié sa décision par des raisons personnelles liées à sa santé et par sa volonté de se retirer de la vie politique active. « Pour des raisons de santé, et afin de pouvoir pleinement consacrer cette nouvelle étape de ma vie au repos, j’ai choisi de mettre un terme à mes activités politiques au sein du parti », avait-il écrit.
L’annonce de ce retrait a été confirmée le 4 mars par Guy Dossou Mitokpè, secrétaire national à la communication du parti. Le même jour, le fils de l’ancien président, Chabi Yayi, jusque-là secrétaire aux relations extérieures, a lui aussi présenté sa démission.
Il aura fallu près de dix jours aux responsables du parti pour acter officiellement cette décision. Selon plusieurs sources internes, une délégation avait tenté de convaincre Boni Yayi de revenir sur son choix, sans succès.
Pour assurer la continuité de la direction, le premier vice-président du parti, Éric Houndété, a été désigné président par intérim pour une durée de trois mois. Cette transition intervient toutefois dans un contexte particulièrement difficile pour Les Démocrates.
La formation politique traverse en effet une période d’impasse stratégique. Absente de l’élection présidentielle prévue le 12 avril 2026, et ne disposant ni de députés à l’Assemblée nationale ni d’élus locaux, le parti doit désormais repenser son positionnement sur l’échiquier politique national.
Face à cette situation, le secrétaire à la communication du parti affirme que la formation reste ouverte au dialogue. « Nous sommes dans les dispositions de discuter avec tous les duos de candidats. Nous n’avons pour le moment stigmatisé aucun duo, nous restons ouverts », a déclaré Guy Mitokpè, cité par Radio France Internationale.
Alors qu’une nouvelle étape s’ouvre pour Les Démocrates, un conseil national du parti est annoncé pour le 21 mars. Cette rencontre devrait permettre aux responsables et militants de définir les orientations futures d’une formation qui doit désormais se réorganiser après le retrait de celui qui en était la figure centrale depuis sa création
E . Ducas AYENAN