L’ancien Premier ministre dénonce un climat où la reconnaissance des avancées nationales (économiques, institutionnelles ou infrastructurelles) serait parfois perçue comme un ralliement politique ou une compromission. En effet, dans l’imaginaire collectif, le terme « vendu » renvoie à l’idée de trahison, d’allégeance intéressée ou de renoncement à l’esprit critique. Une accusation lourde de sens qui, selon Lionel ZINSOU, tend à biaiser l’analyse des performances nationales. Dès lors, une question centrale se pose : peut-on saluer des progrès sans être soupçonné d’arrière-pensées partisanes ? Dans un environnement politique marqué par la polarisation, la reconnaissance des acquis devient parfois un terrain sensible où l’appréciation factuelle se confond avec le positionnement idéologique.
En creux, l’ancien chef du gouvernement plaide pour un débat plus mature, capable de distinguer l’analyse des résultats de l’adhésion politique. Reconnaître des réussites ne signifie pas ignorer les insuffisances, ni renoncer à l’exigence de redevabilité. Il s’agit plutôt d’instaurer un espace public où la critique constructive et la reconnaissance objective peuvent coexister sans suspicion systématique.
Cette déclaration intervient dans un contexte où les performances du Bénin sont régulièrement scrutées, tant au plan économique que dans la mise en œuvre des réformes structurelles. Au-delà des sensibilités politiques, la question posée touche à la solidité même du débat démocratique : une nation capable d’apprécier ses avancées sans y voir une trahison démontre une certaine maturité institutionnelle et citoyenne. À travers cette prise de position, Lionel ZINSOU interpelle à la fois les acteurs politiques, les analystes et l’opinion publique. Le défi n’est pas de choisir entre critique et reconnaissance, mais d’apprendre à articuler les deux avec discernement.
Léonel EBO