Dès l’ouverture, le ton a été donné. Après un moment de recueillement en mémoire des victimes de la tentative de coup d’État, suivi d’une vibrante ovation en hommage au Président Patrice TALON et aux Forces de Défense et de Sécurité, la conférence s’est affirmée comme un espace de réflexion responsable, ancré dans la stabilité institutionnelle et la continuité républicaine. Initiateur de la rencontre, Is-Dine BOURAÏMA, cadre supérieur, expert en développement et acteur politique engagé, a rappelé avec force l’urgence de poser un regard neuf sur Porto-Novo, capitale historique aux trois noms (Hogbonou, Adjachè, Porto-Novo) et au potentiel encore sous-exploité. Pour lui, la réinvention de la ville ne relève ni du slogan ni de l’improvisation, mais d’un devoir envers les générations futures, fondé sur la concertation, la compétence et l’intelligence collective .
Infrastructures, économie et citoyenneté au cœur des débats
Structurée autour de panels thématiques, la conférence a permis un diagnostic sans complaisance de l’état des infrastructures, des enjeux économiques et des défis urbains majeurs. Experts et intervenants ont notamment mis en lumière la réalité d’une capitale qui, chaque jour, voit sa force vive migrer vers d’autres villes, transformant Porto-Novo en cité dortoir. Autre point stratégique abondamment discuté : la proximité avec le Nigéria, atout historique et économique encore insuffisamment exploité. Les échanges ont insisté sur la nécessité de bâtir un modèle économique local capable de capter cette dynamique régionale, à travers des partenariats structurants et des infrastructures adaptées .
Au-delà des chiffres et des plans, la conférence a accordé une place centrale à la citoyenneté active, à l’identité culturelle et à la gouvernance participative. Porto-Novo, ont souligné les participants, ne peut se développer durablement sans l’adhésion consciente de ses habitants, appelés à devenir de véritables acteurs du changement. Cette approche inclusive, fondée sur l’écoute des jeunes, des femmes, des aînés et des forces vives locales, reflète le leadership prôné par Is-Dine Bouraima : un leadership de service, nourri par une solide expertise et une vision républicaine assumée. La restitution des travaux et les recommandations finales ont confirmé la portée de cette rencontre : la conférence du 18 décembre n’était pas un simple événement, mais un signal fort, celui d’une capitale qui refuse l’immobilisme et choisit la réflexion stratégique pour bâtir son avenir.
En réunissant compétences, idées et engagements autour d’une vision cohérente, Porto-Novo a posé les bases d’une renaissance possible, réaliste et durable. Une page s’ouvre, et avec elle, l’espoir d’une capitale pleinement assumée, fière de son histoire et résolument tournée vers demain.
Léonel EBO