Interrogé en premier lieu sur son état d’esprit après la mutinerie avortée, le chef de l’État a tenu à rassurer. S’adressant notamment aux enfants à travers une question posée par la directrice de Junior TV, Inès Facia, Patrice Talon a confié aller bien, tout en reconnaissant une profonde peine liée à l’image renvoyée par ces événements. Il a surtout tenu à rectifier certaines perceptions, affirmant que la Garde nationale, dans sa majorité, n’était pas impliquée dans l’attaque. Il a salué la loyauté de l’armée béninoise, révélant que plusieurs casernes avaient spontanément sollicité des instructions dès les premières alertes.
Refusant de qualifier les faits de « coup d’État », le président a estimé qu’un tel qualificatif suppose l’adhésion significative de l’armée et de la population, ce qui n’a pas été le cas. Il a néanmoins reconnu une part de surprise, évoquant un « excès d’assurance » dans un contexte où les démocraties africaines restent vulnérables aux aventures armées. Patrice Talon a dénoncé avec fermeté les auteurs de cette tentative, mettant également en garde ceux qui s’en sont réjouis, rappelant qu’on ne saurait se réjouir d’un crime.
Sur le plan politique, le chef de l’État a indiqué ne tirer aucune conséquence partisane de ces événements, préférant une lecture sociologique. Il a par ailleurs confirmé que certains protagonistes avaient pris la fuite, exprimant l’espoir d’une coopération des pays voisins pour leur extradition.
Abordant la nouvelle Constitution, Patrice Talon a défendu l’allongement du mandat présidentiel à sept ans et l’introduction du Sénat dans l’architecture institutionnelle. Selon lui, le quinquennat ne permet pas de répondre efficacement aux défis structurels du Bénin. Il a cité plusieurs grands projets de développement dont la maturation nécessite du temps, soulignant que le rythme de l’action publique est souvent plus long que celui de la reddition de comptes.
Comparant la situation du Bénin à celle des pays développés, le président a estimé que les paradigmes ne sont pas comparables, les besoins fondamentaux restant prioritaires sous nos latitudes. Il a enfin tenu à rassurer l’opinion publique, affirmant que le septennat n’est pas conçu à son profit personnel, mais dans l’intérêt supérieur du Bénin et de son développement durable
Ducas AYENAN