Il est exactement 10h07 lorsque les Académiciens sont accueillis à l’IRCB par son Directeur, le Professeur Achille MASSOU GBODJI, figure majeure de la recherche biomédicale au Bénin. Fondé en 2015, l’Institut de Recherche Clinique du Bénin s’est progressivement imposé comme un pôle de référence en recherche clinique, particulièrement dans l’étude des maladies infectieuses et métaboliques endémiques en Afrique subsaharienne. Au fil de la visite, les membres de l’ANSALB découvrent une institution où la rigueur scientifique, la formation des ressources humaines locales et la coopération internationale se conjuguent avec constance. Gestion de projets de recherche, conduite d’essais cliniques, encadrement d’étudiants et de chercheurs, accueil de scientifiques internationaux : l’IRCB illustre concrètement la montée en puissance d’une science produite en Afrique, par des Africains, pour répondre aux problématiques africaines.
Interrogé sur le sens de cette visite, le Professeur Achille MASSOU GBODJI situe l’initiative dans une démarche plus large de valorisation de la connaissance : « Cette visite répond à un objectif fondamental de l’ANSALB : la promotion de la science sous toutes ses formes et dans toutes ses conséquences. Il s’agit de montrer ce qui se fait au Bénin, de le diffuser et surtout d’inspirer les plus jeunes. » Pour l’éminent chercheur, ancien Professeur à la Faculté des Sciences de la Santé et membre de l’ANSALB, la recherche clinique menée à l’IRCB participe à une prise de conscience historique : « Longtemps, la recherche sur nos pays était conduite depuis le Nord. Aujourd’hui, nous affirmons notre place dans la production du savoir scientifique. Nous ne voulons plus être de simples consommateurs de science. » Les jeunes collaborateurs de l’Institut, formés sur place, ont d’ailleurs présenté leurs travaux et démontré leur savoir-faire, confirmant que la relève scientifique béninoise est bien en marche.
Après l’étape scientifique, cap sur le Centre Hospitalier International de Calavi (CHIC), où la délégation arrive à 14h10. Les Académiciens y sont accueillis par le Professeur Luis TEIXEIRA, Directeur Médical du centre, assisté de Bidel R. ATINDEHOU, Responsable de la communication. Dès les premiers échanges, le ton est donné : le CHIC est l’incarnation d’une volonté politique forte, portée par le Président de la République, de doter le Bénin d’un hôpital de niveau 4, au sommet de la pyramide sanitaire nationale. Objectif majeur : réduire drastiquement les évacuations sanitaires à l’étranger et offrir sur le territoire national une prise en charge équivalente à celle des grands centres hospitaliers internationaux. Implanté sur une superficie de 40 000 m², le CHIC dispose de 434 lits et places, de pôles médico-chirurgicaux intégrés, de blocs opératoires ultramodernes, d’un plateau d’imagerie de pointe (IRM, scanner, mammographie), d’une unité de cardiologie interventionnelle, d’un service de radiothérapie de dernière génération, ainsi que d’une médecine nucléaire appelée à se renforcer avec l’arrivée d’un PET-scan et d’un cyclotron à l’horizon 2027. « Nous voulons un hôpital qui soigne, qui forme et qui fait de la recherche », souligne le Professeur Luis TEIXEIRA. « Le CHIC est aussi un hôpital universitaire, un lieu de transmission du savoir médical et technologique aux jeunes générations. »
La visite a également permis de mettre en lumière le fonctionnement innovant du CHIC : pharmacie hospitalière intégrée, restauration médicale adaptée, blanchisserie moderne, centre de check-up permettant des bilans complets en une journée, maintenance rigoureuse des équipements, et un personnel soigneusement recruté mêlant expertise locale, diaspora et quelques spécialistes expatriés. Pour rappel, l’ouverture progressive de l’hôpital, organisée en phases successives, répond à une exigence de sécurité et de qualité des soins. Déjà opérationnels : les consultations, la dialyse, les plateaux techniques, les hôpitaux de jour et la chirurgie ambulatoire. Les prochaines étapes concerneront les blocs opératoires conventionnels, la réanimation, les urgences et la chirurgie cardiaque lourde. Pour les Académiciens de l’ANSALB, cette double visite a valeur de symbole. Elle met en lumière une continuité stratégique entre recherche scientifique et pratique médicale, entre production du savoir et application clinique, entre université, institut de recherche et hôpital de référence.
À l’IRCB comme au CHIC, le même message se dégage : le Bénin investit dans l’intelligence, la science et la santé comme leviers de souveraineté et de développement durable. Une dynamique saluée par les membres de l’Académie, qui voient dans ces institutions des modèles inspirants pour la jeunesse et pour l’avenir de la science béninoise. En quittant Abomey-Calavi, les Académiciens repartent avec une conviction renforcée : le Bénin ne se contente plus de suivre la science mondiale, il y prend désormais toute sa part.
Cadnel ADEBAYO