À Copargo, Djougou et Ouaké, les bénéficiaires ont unanimement salué l’impact concret de ce projet, qui contribue non seulement à la protection de l’environnement, mais aussi à la réduction significative de la pauvreté et à l’amélioration des conditions de vie. Sur le terrain, la délégation a constaté l’ampleur des réalisations. Des sites de reboisement ont vu le jour, avec l’implantation de vastes superficies de Gmelina arborea et d’anacardiers greffés, notamment 20 hectares à Kamaha (Copargo) et 40 hectares à Té-Fougou (Djougou). À ces efforts de restauration écologique s’ajoutent des ouvrages hydrauliques majeurs : retenues d’eau, stations de pompage solaire, bornes-fontaines, abreuvoirs pastoraux et infrastructures de stockage d’eau destinées à sécuriser l’approvisionnement des populations et du cheptel. Le projet a également mis en place des sites pastoraux équipés, favorisant une meilleure gestion des ressources naturelles et la coexistence apaisée entre agriculteurs et éleveurs. L’introduction d’un modèle intégré agriculture-élevage renforce ainsi la productivité tout en réduisant la pression sur l’environnement.
À Kamaha, l’impact social du Prrecaz est particulièrement visible. Bio TCHINTCHINSI, superviseur du reboisement, témoigne de la mutation profonde du quotidien des femmes du village. Autrefois engagées dans l’orpaillage au bord du marigot, elles se consacrent désormais aux activités de reboisement, génératrices de revenus durables. « Grâce au projet, les femmes ont lancé de petites activités économiques, épargnent, paient la scolarité de leurs enfants et améliorent leurs conditions de vie. La pauvreté diminue progressivement dans notre village », confie-t-il avec fierté. Les retombées vont au-delà de l’économie domestique. Les revenus issus des activités du projet ont permis à la communauté de créer une école et de recruter des enseignants rémunérés localement, illustrant une dynamique de développement endogène.
La pérennisation des acquis constitue l’un des piliers du Prrecaz. La coordonnatrice nationale du projet, Honorine AHOUANSOU, a mis en avant un mécanisme de gestion revolving, notamment à travers la dotation progressive en tricycles pour les clusters communautaires. Le principe est simple mais efficace : les équipements sont loués, les revenus mensuels permettent d’en acquérir de nouveaux, jusqu’à ce que tous les membres bénéficient à terme d’un outil de travail. Déjà, neuf tricycles sont en circulation dans les communes concernées, dont cinq dans la Donga. Par ailleurs, des fermiers seront recrutés pour assurer la gestion des infrastructures hydrauliques, garantissant ainsi leur entretien, la génération de redevances pour les communes et la continuité des services au profit des populations.
Au terme de la mission, partenaires techniques et autorités nationales ont exprimé leur satisfaction. Pour Willem Vancutsem, premier secrétaire et attaché de coopération à l’ambassade du Royaume de Belgique, les résultats parlent d’eux-mêmes : « Le Prrecaz a produit des effets durables sur la vie des bénéficiaires. Il a permis à de nombreuses familles de construire une meilleure existence. Il faut maintenant poursuivre ces activités pour consolider les acquis et accroître les revenus. » Du côté du gouvernement, SODJINOU Aïna, point focal du MAEP, a salué l’implication des structures déconcentrées et l’appropriation communautaire du projet. Il a souligné que les mécanismes de pérennisation mis en place permettront de prolonger les bénéfices bien au-delà de la durée officielle du programme.
Fort de ses résultats probants, le Prrecaz s’oriente désormais vers une phase de mise à l’échelle. Les entreprises chargées des infrastructures s’activent pour achever les derniers ouvrages d’ici fin mars 2026, ouvrant la voie à l’extension de ce modèle de résilience climatique à d’autres zones vulnérables du pays. À travers le Prrecaz, le Bénin démontre qu’une adaptation climatique réussie passe par des solutions locales, inclusives et durables, capables de transformer les défis environnementaux en opportunités de développement.
Grant-ANIEL BOLARIAN