CHANGEMENT CLIMATIQUE ET RÉSILIENCE RURALE : Le Prrecaz transforme durablement les communautés frontalières du Nord-Bénin

CHANGEMENT CLIMATIQUE ET RÉSILIENCE RURALE

Le Prrecaz transforme durablement les communautés frontalières du Nord-Bénin

(4.0)

Les effets des changements climatiques, longtemps synonymes de vulnérabilité et de précarité pour les populations rurales des zones frontalières du Nord-Bénin, cèdent progressivement la place à une dynamique d’espoir et de résilience. Les 21 et 22 janvier derniers, une délégation conjointe de partenaires techniques et financiers, de la coordination du projet Prrecaz et des cadres du ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche (MAEP) a effectué une tournée d’évaluation des réalisations du projet de Renforcement de la résilience des communautés agricoles des zones frontalières exposées aux effets néfastes des changements climatiques (Prrecaz), mis en œuvre avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud).

À Copargo, Djougou et Ouaké, les bénéficiaires ont unanimement salué l’impact concret de ce projet, qui contribue non seulement à la protection de l’environnement, mais aussi à la réduction significative de la pauvreté et à l’amélioration des conditions de vie. Sur le terrain, la délégation a constaté l’ampleur des réalisations. Des sites de reboisement ont vu le jour, avec l’implantation de vastes superficies de Gmelina arborea et d’anacardiers greffés, notamment 20 hectares à Kamaha (Copargo) et 40 hectares à Té-Fougou (Djougou). À ces efforts de restauration écologique s’ajoutent des ouvrages hydrauliques majeurs : retenues d’eau, stations de pompage solaire, bornes-fontaines, abreuvoirs pastoraux et infrastructures de stockage d’eau destinées à sécuriser l’approvisionnement des populations et du cheptel. Le projet a également mis en place des sites pastoraux équipés, favorisant une meilleure gestion des ressources naturelles et la coexistence apaisée entre agriculteurs et éleveurs. L’introduction d’un modèle intégré agriculture-élevage renforce ainsi la productivité tout en réduisant la pression sur l’environnement.

À Kamaha, l’impact social du Prrecaz est particulièrement visible. Bio TCHINTCHINSI, superviseur du reboisement, témoigne de la mutation profonde du quotidien des femmes du village. Autrefois engagées dans l’orpaillage au bord du marigot, elles se consacrent désormais aux activités de reboisement, génératrices de revenus durables. « Grâce au projet, les femmes ont lancé de petites activités économiques, épargnent, paient la scolarité de leurs enfants et améliorent leurs conditions de vie. La pauvreté diminue progressivement dans notre village », confie-t-il avec fierté. Les retombées vont au-delà de l’économie domestique. Les revenus issus des activités du projet ont permis à la communauté de créer une école et de recruter des enseignants rémunérés localement, illustrant une dynamique de développement endogène.

La pérennisation des acquis constitue l’un des piliers du Prrecaz. La coordonnatrice nationale du projet, Honorine AHOUANSOU, a mis en avant un mécanisme de gestion revolving, notamment à travers la dotation progressive en tricycles pour les clusters communautaires. Le principe est simple mais efficace : les équipements sont loués, les revenus mensuels permettent d’en acquérir de nouveaux, jusqu’à ce que tous les membres bénéficient à terme d’un outil de travail. Déjà, neuf tricycles sont en circulation dans les communes concernées, dont cinq dans la Donga. Par ailleurs, des fermiers seront recrutés pour assurer la gestion des infrastructures hydrauliques, garantissant ainsi leur entretien, la génération de redevances pour les communes et la continuité des services au profit des populations.

Au terme de la mission, partenaires techniques et autorités nationales ont exprimé leur satisfaction. Pour Willem Vancutsem, premier secrétaire et attaché de coopération à l’ambassade du Royaume de Belgique, les résultats parlent d’eux-mêmes : « Le Prrecaz a produit des effets durables sur la vie des bénéficiaires. Il a permis à de nombreuses familles de construire une meilleure existence. Il faut maintenant poursuivre ces activités pour consolider les acquis et accroître les revenus. » Du côté du gouvernement, SODJINOU Aïna, point focal du MAEP, a salué l’implication des structures déconcentrées et l’appropriation communautaire du projet. Il a souligné que les mécanismes de pérennisation mis en place permettront de prolonger les bénéfices bien au-delà de la durée officielle du programme.

Fort de ses résultats probants, le Prrecaz s’oriente désormais vers une phase de mise à l’échelle. Les entreprises chargées des infrastructures s’activent pour achever les derniers ouvrages d’ici fin mars 2026, ouvrant la voie à l’extension de ce modèle de résilience climatique à d’autres zones vulnérables du pays. À travers le Prrecaz, le Bénin démontre qu’une adaptation climatique réussie passe par des solutions locales, inclusives et durables, capables de transformer les défis environnementaux en opportunités de développement.

Grant-ANIEL BOLARIAN

3.5/5

Based on 275 reviews

5 Stars

4 Stars

3 Stars

2 Stars

1 Stars

Brice HAL

2 jours

Commentaire sur l'article.

Aucune Pub disponible

De la même catégorie Actualité

Aucun article actuellement trouvé

Aucune Pub disponible

Autres publications


Politique

POLITIQUE  Crise chez Les Démocrates

Houndété et Atchadé présents au tribunal, l’affaire renvoyée au 16 avril
17 avr. 2026
Ibourahim Abdou Gibril

17 avr. 2026
Société

LUTTE CONTRE LES VIOLENCES BASÉES SUR LE GENRE :

L'UAC et l'INF en première ligne contre le harcèlement sexuel
17 avr. 2026
L.EBO

17 avr. 2026
Actualité

NOUVELLE STRATÉGIE, GOUVERNANCE RENFORCÉE ET AMBITIONS ACCRUES :

La BIDC passe à la vitesse supérieure en Afrique de l’Ouest
17 avr. 2026
Grant-Aniel BOLARIAN

17 avr. 2026

Aucune Pub disponible