En effet, l’économie béninoise évolue dans un environnement exposé à divers chocs externes, notamment les fluctuations des marchés internationaux et les aléas liés aux exportations. Malgré ces défis, le pays maintient un niveau de risque modéré en matière d’endettement. Les données issues du document de politique nationale de financement du développement 2024-2033 indiquent que la dette publique représentait 49,2 % du produit intérieur brut (PIB) en 2021, avant de reculer progressivement à 48,9 % en 2022 puis à 46,3 % en 2023. Cette tendance baissière s’explique notamment par une croissance économique soutenue et une gestion plus rigoureuse de la dette. Cependant, les marges de manœuvre budgétaires restent limitées. Le déficit global, qui avait atteint 6,5 % du PIB en 2021 contre 4,7 % en 2020, s’est progressivement résorbé pour s’établir à 4,3 % en 2022 puis 3,7 % en 2023. Ce niveau demeure toutefois supérieur au seuil communautaire de 3 % fixé par l’Union économique et monétaire ouest-africaine.
Dans ce contexte, les recettes fiscales apparaissent comme le socle du financement de l’action publique. Leur collecte est assurée principalement par la Direction générale des impôts et la Direction générale des douanes. En 2021, ces recettes ont progressé de 13,6 %, atteignant environ 11 % du PIB, contre 10,5 % un an plus tôt. Cette performance intervient dans un contexte de recul significatif des appuis extérieurs, notamment les dons, qui ont chuté de 26 % après une forte hausse en 2020. Sur le long terme, la mobilisation des ressources internes s’est nettement améliorée. Entre 2011 et 2021, les recettes publiques ont enregistré une croissance moyenne annuelle de 7,5 %. Elles sont passées de 605,6 milliards de francs CFA à 1 277,7 milliards de francs CFA sur la période, avec une moyenne annuelle de 904,6 milliards. Les recettes fiscales représentent près de 84 % de l’ensemble, l’administration fiscale assurant à elle seule plus de la moitié de ces ressources.
En parallèle, les recettes non fiscales contribuent également de manière significative au budget de l’État. Leur mobilisation relève principalement de la Direction générale du trésor et de la comptabilité publique, avec l’appui de structures telles que le Fonds national des retraites du Bénin, le Fonds routier, la Caisse autonome de gestion de la dette ou encore l’Agence nationale du domaine et du foncier. Ces ressources regroupent notamment les produits financiers, les redevances administratives et diverses recettes exceptionnelles. Sur la période 2011-2021, elles ont connu une croissance soutenue, avec un taux moyen de progression de 15,7 %, renforçant ainsi la capacité financière de l’État.
Les performances enregistrées s’expliquent en grande partie par les réformes engagées dans la gestion des finances publiques. La modernisation de l’administration, la digitalisation des procédures fiscales et la dématérialisation des déclarations et paiements ont permis d’accroître l’efficacité du recouvrement. L’introduction de la télédéclaration et du télépaiement a contribué à limiter les risques de fraude et à améliorer la transparence. Par ailleurs, le renforcement des mécanismes de lutte contre l’évasion fiscale a consolidé les performances des régies financières. Malgré les perturbations économiques récentes, les taux d’exécution budgétaire demeurent globalement conformes aux standards internationaux, se situant dans une fourchette comprise entre 95 % et 105 %, gage de crédibilité budgétaire.
La stratégie du Bénin s’oriente progressivement vers un renforcement de la fiscalité intérieure, afin de réduire la dépendance aux recettes douanières. Cette évolution s’inscrit dans un contexte d’intégration économique marqué par la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine et les perspectives d’accords commerciaux entre la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest et l’Union européenne. Ces dynamiques pourraient entraîner une diminution des droits de douane, rendant indispensable une mobilisation accrue des ressources internes. Dans ce contexte, l’optimisation des recettes fiscales et non fiscales apparaît comme un levier stratégique pour soutenir le développement économique et renforcer la résilience budgétaire du pays.
Cadnel ADEBAYO