Cet atelier a permis d’analyser avec rigueur les résultats, de documenter les leçons apprises et d’identifier les conditions d’un éventuel passage à l’échelle. Au cours des travaux, les participants ont eu droit à deux communications : l’une sur le bilan de mise en œuvre de la phase pilote de Guichet unique de déclaration et d’enregistrement des naissances et l’autre sur la plateforme de déclaration des naissances. Dans son mot de bienvenue, le Directeur général de l’état civil, Abdon Mikpon’aï a rappelé que le Guichet unique de déclaration et d’enregistrement des naissances vise à rapprocher le service public des citoyens, à simplifier les procédures et à assurer l’immédiateté de l’enregistrement des naissances, une ambition chère à l’UNICEF pour le bien-être et la protection de l’enfance béninoise de même que WURI-Bénin en vue de la modernité du système état civil. Aussi, a-t-il poursuivi, la phase pilote, conduite dans dix formations sanitaires réparties sur l’ensemble du territoire national, a permis d’enregistrer des avancées significatives : l’enregistrement en temps réel de plusieurs naissances ; une réduction notable des délais d’obtention des actes de naissance ; une amélioration substantielle de la qualité et de la fiabilité des données collectées. « Ces résultats encourageants démontrent la pertinence du dispositif et confirment son potentiel transformateur pour notre écosystème », a-t-il ajouté. M. Mikpon’aï a pour finir, invité les participants à poursuivre les efforts en matière de renforcement des capacités des agents de l’état civil, d’amélioration des infrastructures techniques et logistiques, et d’intensification des actions de sensibilisation des populations sur l’importance de l’enregistrement des naissances et des autres faits d’état civil, sans oublier la dynamisation du cadre multi-acteurs de l’état civil et de l’identification, avec un renforcement de la synergie entre les différents intervenants.
A sa suite, la Représentante de l’UNICEF au Bénin, Julio Dubois a précisé que l’enregistrement des naissances est le premier droit de l’enfant. « Il conditionne l’accès à la santé, à l’éducation, à la protection sociale et à la protection contre les abus. Sans identité légale, un enfant risque de rester invisible, exclu des politiques publiques et plus exposé aux vulnérabilités », a-t-elle martelé. Pour sa part, M a réaffirmé l’engagement de l’UNICEF aux côtés de WURI-Bénin à accompagner l’ANIP et le Ministère de la santé pour que cette dynamique contribue durablement à garantir à chaque enfant son premier droit : le droit à une identité légale.
Ouvrant ces assises, le Directeur général de l’ANIP, Aristide Adjinacou a fait observer que six mois après le lancement de la phase pilote du Guichet unique, le taux d’enregistrement dépasse 76% dans les formations sanitaires. Il a également indiqué qu’au-delà du volume, la qualité progresse. « Plus de 96% des enfants enregistrés disposent d’une reconnaissance de paternité formalisée », a-t-il ajouté. M. Adjinacou a par ailleurs, fait savoir que l’ambition aujourd’hui est le passage à l’échelle qui repose sur la maîtrise de quatre leviers : des équipes formées et coordonnées ; des plateformes robustes, des équipements disponibles et une connectivité sécurisée sur tout le territoire ; des procédures harmonisées et reproductibles entre nos institutions et enfin des ressources budgétaires et logistiques sécurisées. « Il nous appartient désormais, ANIP et Ministère de la santé, d’aligner ces quatre piliers pour rendre la réforme irréversible. Les résultats obtenus ne sont pas de simples statistiques. Ils démontrent qu’une réforme bien conçue, centrée sur le citoyen, peut transformer durablement nos indicateurs nationaux », a-t-il conclu.
Wendy J. KEDOTE