Saisie le 17 janvier par la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA), la Cour Constitutionnelle a procédé à un examen minutieux des procès-verbaux, rapports et documents électoraux transmis. Les sages ont relevé certaines irrégularités isolées dans quelques postes de vote, notamment des erreurs matérielles dans le remplissage des procès-verbaux, des discordances entre chiffres et pictogrammes, ainsi que des retards dans l’ouverture de certains centres. Toutefois, ces manquements ont été jugés non déterminants et sans incidence majeure sur la sincérité du scrutin. En conséquence, la Cour a validé l’élection législative du 11 janvier 2026, estimant que les principes de transparence et de crédibilité ont été globalement respectés. Les résultats définitifs font état d’une mobilisation électorale modérée. Sur 7 834 608 électeurs inscrits, 2 878 726 citoyens ont effectivement pris part au vote, soit un taux de participation national de 36,74 %. Après décompte, 2 788 992 suffrages valablement exprimés ont été retenus, tandis que 89 734 bulletins nuls ont été enregistrés.
Par ailleurs, l’application stricte du Code Électoral a profondément influencé la répartition des sièges. Pour être éligibles à l’attribution parlementaire, les partis devaient franchir le seuil national de 10 %, correspondant à 278 899 voix, et atteindre au moins 20 % des suffrages dans une circonscription électorale. Si trois partis (UP-R, BR et LES DÉMOCRATES (LD) ont franchi le seuil national, seuls l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) et le Bloc Républicain (BR) ont satisfait aux exigences combinées du Code électoral. Les formations FCBE et MOELE-BÉNIN, restées en deçà du seuil requis, sont exclues de la représentation parlementaire. Sur les 109 sièges que compte l’Assemblée nationale, la répartition définitive s’établit comme suit : Union Progressiste le Renouveau (UP-R) : 60 députés, dont 44 élus au titre de la répartition générale et 16 sièges réservés aux femmes ; Bloc Républicain (BR) : 49 députés, dont 41 issus de la répartition générale et 8 sièges féminins. L’UP-R s’impose notamment dans les 5ᵉ, 6ᵉ et 19ᵉ circonscriptions électorales, tandis que le BR réalise des performances notables dans les 3ᵉ, 8ᵉ et 12ᵉ circonscriptions. La proclamation des résultats définitifs ouvre désormais la voie aux recours électoraux. Conformément à l’article 3 de la décision, tout candidat ou électeur inscrit dispose d’un délai de dix (10) jours pour saisir la Cour constitutionnelle en cas de contestation.
Signée par le président Cossi Dorothé SOSSA et les membres de la Haute Juridiction, cette décision marque l’ultime étape du processus électoral législatif et ouvre la voie à l’installation prochaine des députés de la dixième législature, appelés à écrire une nouvelle page de la vie parlementaire béninoise.
Cadnel ADEBAYO