La Secrétaire Générale sortante, Louise MUSHIKIWABO, soutenue par le Rwanda, brigue un second mandat. Face à elle, la République démocratique du Congo soutient Juliana Amato LUMUMBA. Cette configuration pourrait transformer l’élection en confrontation régionale, alimentant rivalités et fractures au sein de l’OIF. Dans ce contexte, le Bénin se trouve à un carrefour stratégique. Sa participation ne se limite pas à un simple vote : le pays peut proposer une candidature visant à stabiliser l’organisation et à recentrer l’élection sur la compétence et l’efficacité.
Le Bénin n’est pas un acteur périphérique de la Francophonie. C’est à Cotonou, en 1995, que fut prise la décision de créer la fonction de Secrétaire général de l’OIF. En 1997, lors du sommet de Hanoï, le pays avait présenté le président Émile-Derlin ZINSOU face à Boutros BOUTROS-GHALI. Ce rappel historique souligne la crédibilité et l’expérience diplomatique du Bénin dans l’organisation.
Pourquoi Abdoulaye Bio Tchané ? Le profil de l’ancien Directeur du Département Afrique du FMI et ex-Président de la BOAD répond à plusieurs exigences : Stature multilatérale et économique : maîtrise des mécanismes de financement, des logiques institutionnelles et des équilibres régionaux, atouts majeurs pour renforcer la Francophonie économique. Expérience gouvernementale : ancien ministre et acteur clé de la gouvernance publique béninoise, il connaît les arbitrages politiques et les exigences de gestion. Neutralité fonctionnelle : issu d’un pays stable, son profil peut offrir une solution de rassemblement dans un contexte de polarisation Rwanda–RDC. Une candidature de ce type ne viserait pas à s’opposer à quelqu’un, mais à stabiliser et renforcer l’organisation.
Si le Bénin décide de porter M. Bio Tchané, quatre axes devraient guider l’action dont : la eutralité et rassemblement pour apaiser les tensions régionales, la performance institutionnelle et résultats mesurables pour garantir l’efficacité de l’OIF, le renforcement de la Francophonie économique et de l’employabilité des jeunes pour un impact concret sur le terrain, puis la protection du rôle de médiation et de consensus pour préserver la crédibilité et la légitimité de l’organisation. Porter une candidature structurée permettrait au Bénin de consolider son image d’État stabilisateur et responsable, de renforcer son influence au sein des organisations multilatérales, de valoriser son capital humain et institutionnel, de prévenir la politisation excessive de l’OIF.
L’élection du Secrétaire général de l’OIF en 2026 sera un moment décisif pour l’avenir de l’organisation. Le Bénin peut choisir de rester spectateur ou devenir acteur d’une solution de stabilité et de compétence. Avec Abdoulaye Bio Tchané, il pourrait proposer une candidature crédible, rassembleuse et immédiatement opérationnelle, répondant aux besoins d’une Francophonie unie et performante. Car, la question n’est donc plus de savoir si le Bénin peut présenter une candidature, mais s’il peut se permettre de ne pas l’envisager
Grant-Aniel BOLARIAN