Si la visite s’inscrit dans le cadre des félicitations adressées à Joseph Fifamin DJOGBÉNOU pour son élection, elle marque surtout un tournant opérationnel. Conrad GBAGUIDI a clairement affiché son ambition d’aller au-delà des usages protocolaires pour enclencher une dynamique de travail rapide et coordonnée. En s’appuyant sur les propos tenus lors du Forum National du Conseil Économique et Social, le Président du CES a évoqué une convergence stratégique entre les deux institutions : « le CES est sur le chemin de l’Assemblée Nationale comme l’Assemblée Nationale est sur le chemin du CES ». Une formule qui traduit une volonté de décloisonnement institutionnel.
L’un des axes majeurs de cette collaboration réside dans l’implication du CES en amont et en aval du processus législatif. Il ne s’agit plus seulement d’émettre des avis consultatifs, mais de participer activement à la réflexion avant l’élaboration des lois et d’accompagner leur suivi après leur adoption. Cette approche ouvre la voie à une co-construction législative, susceptible d’améliorer la qualité des textes, leur pertinence sociale et leur applicabilité. Elle répond également à une exigence contemporaine de gouvernance inclusive, intégrant davantage les réalités socio-économiques dans la fabrique de la loi.
Les deux responsables institutionnels s’accordent sur une feuille de route fondée sur la rapidité d’action et l’anticipation. La mise en place prochaine d’équipes techniques conjointes vise à définir un mode opératoire capable de répondre efficacement aux sollicitations législatives. Cette orientation traduit une volonté de rompre avec les lenteurs administratives souvent décriées, au profit d’un fonctionnement plus agile et mieux coordonné entre institutions. L’invitation adressée à Conrad GBAGUIDI pour participer à une session ordinaire de l’Assemblée Nationale s’inscrit dans cette logique d’alignement. Elle permettra une meilleure appropriation des textes régissant le Parlement et facilitera l’harmonisation des pratiques entre les deux entités.
Au-delà de la portée institutionnelle, cette rencontre envoie un signal politique fort : celui d’un engagement commun à renforcer l’efficacité de l’action publique au service de la République. En misant sur la complémentarité entre le législatif et l’organe consultatif, le Bénin expérimente une approche plus intégrée de la gouvernance. Reste désormais à traduire cette volonté en mécanismes concrets et durables. Car, la qualité de cette collaboration dépendra, en grande partie, la capacité des institutions à répondre avec pertinence et célérité aux attentes des citoyens.
Tchékpémi Jacques AHOUANSOU