L'affaire a éclaté après que quatre policiers du commissariat d’Akassato ont été interpellés pour corruption. Lors de leur transfèrement, deux d'entre eux ont réussi à s'échapper, mais les deux autres ont été détenus et sont désormais jugés.
Lors de leur comparution, les policiers, enchainés et vêtus de gilets de prisonniers, étaient accompagnés par deux trafiquants de stupéfiants, dont l'un a témoigné. Il a révélé avoir été arrêté avec 106 boulettes de chanvre indien et avoir été contraint de négocier sa libération. Initialement, il a été sommé de verser 500 000 FCFA, mais a tenté de réduire ce montant à 300 000 FCFA — une demande qui a été rejetée par le policier, qui lui a même lancé des menaces si la somme n'était pas versée.
Selon le témoignage, le policier a menacé de l'emmener au poste et d'initier une procédure s'il ne payait pas. Comprenant la gravité de la situation, le trafiquant a fini par accepter de verser la somme demandée, seulement pour apprendre ensuite que le montant exigé avait monté à 1 000 000 FCFA.
Les événements ayant inévitablement attiré l’attention de la hiérarchie policière, le commissaire local a convoqué une réunion pour examiner la situation. Bien que les policiers aient nié toute implication dans un échange de fonds, une enquête a été ouverte, révélant un système de partage des pots-de-vin au sein du commissariat.
Les policiers sont formellement accusés de « trafic d’influence et d’escroquerie ». Malgré leurs plaidoyers de non-coupabilité, les preuves compilées par le tribunal semblent impliquer un partage de l’argent entre les officiers supérieurs, avec 450 000 FCFA allant aux gradés et 50 000 FCFA à une policière.
Le trafiquant qui a plaidé coupable a également affirmé que l’intermédiaire impliqué a nié avoir eu connaissance de l’échange, soutenant que le colis de chanvre indien était destiné à une autre personne.
Le tribunal a décidé de renvoyer le dossier au 20 avril 2026 pour de nouvelles réquisitions et les plaidoiries des avocats. Dans cette affaire de corruption et de trafic de stupéfiants, la CRIET n’a pas fini de dévoiler tous ses rebondissements. Trois avocats se sont constitués pour défendre les prévenus, promettant une bataille juridique intense dans les semaines à venir.
Cette affaire soulève des questions importantes sur l'intégrité des forces de l'ordre et la lutte contre la corruption dans le pays, un sujet qui continue de préoccuper les citoyens et les observateurs.
Ibourahim Abdou Gibril