Lors des audiences précédentes, le prévenu avait plaidé non coupable. Devant la cour, la défense assurée par Maîtres Barnabé Gbago et Augustin Aballo a demandé la relaxe pure et simple, arguant que les propos de leur client s’inscrivaient dans le cadre du débat démocratique et étaient protégés par la loi sur l’opposition. Me Gbago et Me Aballo ont insisté sur le droit à la liberté d’expression politique, soulignant que la critique d’un ministre sur une question d’intérêt public ne saurait constituer un chef d’accusation pénal.
Julien Kandé Kansou, qui a rappelé avoir déjà passé neuf mois en détention, a exprimé son désir de retrouver sa famille et de reprendre son engagement politique. Il a réaffirmé que ses déclarations visaient à interpeller sur une mesure fiscale susceptible d’affecter l’accès à Internet et la liberté de communication des citoyens, et non à inciter à la violence ou à la rébellion.
Le ministère public, dans ses réquisitions, a estimé que les propos incriminés, diffusés via des moyens électroniques, constituaient un harcèlement visant à troubler l’ordre public et pouvaient encourager des actes de désordre. Les magistrats ont pris note des arguments des deux parties. Le verdict est attendu le 28 avril 2026.
Cette affaire intervient dans un contexte politique marqué par des tensions entre le pouvoir et l’opposition sur la régulation d’Internet et la législation encadrant le discours public. Les organisations de défense des droits et certains acteurs politiques observent de près ce procès, y voyant un test sur l’étendue de la liberté d’expression dans le pays.
Pour rappel, la CRIET, compétente pour juger des infractions économiques et du terrorisme, avait déjà été au centre de plusieurs procédures très médiatisées ces dernières années, ce qui confère à l’affaire une certaine dimension symbolique dans le débat public.
Ibourahim Abdou Gibril