À en croire l’expert justice international du projet BEPI, Loïc Guérin, cet atelier, auquel sont conviés des magistrats, des commissaires de police et d’autres acteurs de la lutte contre le blanchiment et le terrorisme venus de pays comme le Sénégal, le Tchad, la Guinée, la Mauritanie et la Côte d’Ivoire, vise à renforcer les liens et la coopération judiciaire entre ces différents pays. Il s’inscrit dans le cadre d’une série d’ateliers qui entendent permettre aux magistrats et aux responsables de l’entraide judiciaire des différents pays d’échanger afin de mieux cerner les phénomènes criminels dont ils sont victimes et qui ont tous un caractère transfrontalier. Il s’agit notamment des stupéfiants, de la traite des migrants, du terrorisme et du blanchiment, qui permet de récupérer de l’argent, de produire des crimes financiers illicites pour nourrir la corruption, les violences et permettre aux criminels de jouir légalement des fruits des biens mal acquis.
À sa suite, la Directrice du Bureau de la coopération et de l’entraide judiciaire du Bénin, Innocentia Akpovo Monteiro, a indiqué que le blanchiment des avoirs criminels et le financement du terrorisme constituent des menaces majeures pour la stabilité économique, la sécurité nationale et la paix sociale de nos États.
« Ces phénomènes alimentent et renforcent diverses formes de criminalité transnationale organisée », a-t-elle ajouté. Au regard de ce qui précède, Mme Akpovo a précisé qu’il apparaît donc crucial d’empêcher la réintroduction des produits du crime dans les circuits économiques légaux. « Cette lutte passe nécessairement par des actions anticipatives et coordonnées, notamment à travers la détection précoce des flux financiers suspects, la mise en œuvre de saisies conservatoires, le gel des avoirs criminels, ainsi que le renforcement des mécanismes de confiscation et de recouvrement des biens illicites. La coopération et l’entraide judiciaire demeurent des leviers incontournables pour assurer l’efficacité de nos actions. Seule une collaboration étroite, fondée sur la confiance, l’échange d’informations et l’harmonisation des pratiques, permettra d’obtenir des résultats durables », relève-t-elle.
Ouvrant les travaux, le Directeur de cabinet du ministre de la Justice et de la Législation, Florentin Gbodou, a fait observer que cet atelier doit permettre aux acteurs de la lutte contre le blanchiment et le terrorisme de renforcer leurs mécanismes de détection, d’enquête, de poursuite et de sanction des infractions liées à ces phénomènes, tout en consolidant la confiance mutuelle entre les institutions des six pays du projet et leur interconnexion. À cet effet, il a émis le vœu que les travaux débouchent sur des recommandations concrètes, pragmatiques et adaptées à nos réalités, afin de permettre durablement l’efficacité des actions dans leurs dispositifs nationaux, régionaux, voire internationaux. M. Gbodou a, pour clore ses propos, exprimé la gratitude du Gouvernement béninois à Expertise France, ainsi qu’à l’équipe de la coordination, pour leur accompagnement constant et leur engagement aux côtés de nos États. A noter que cet atelier régional prend fin ce jour.
Wendy J. KEDOTE