En effet, l’enquête judiciaire sur la tentative de putsch du 7 décembre connaît un tournant majeur avec l’incarcération d’Alassane TIGRI, figure politique connue et ancien membre du gouvernement. Interpellé à son domicile de Cotonou mercredi dernier, il a été placé en détention provisoire jeudi soir à l’issue d’une procédure expéditive mais conforme aux règles en vigueur. Selon des sources judiciaires concordantes, Allassane TIGRI est poursuivi pour attentat contre l’autorité de l’État, complicité de meurtre et trahison, trois infractions criminelles prévues et sévèrement sanctionnées par le Code pénal béninois. Ces poursuites s’inscrivent dans le cadre de l’enquête ouverte après l’échec du coup de force attribué au lieutenant-colonel Pascal TIGRI, son frère cadet.
Tout s’est accéléré après l’émission d’un mandat d’arrêt par le juge d’instruction en charge du dossier. De retour de voyage en début de semaine, Alassane TIGRI a été interpellé peu après son arrivée sur le territoire national. Dès son passage à l’aéroport international de Cotonou, son passeport lui a été retiré et il a été sommé de se présenter devant le magistrat instructeur. N’ayant pas déféré à cette convocation, il a finalement été arrêté à son domicile par les forces de l’ordre, puis conduit devant le juge d’instruction. Assisté de son conseil, il a ensuite comparu devant le juge des libertés et de la détention, lors d’une audience tenue à huis clos à la CRIET. À l’issue de cette audience, la juridiction spéciale a ordonné son placement en détention provisoire, estimant que les charges retenues et les nécessités de l’enquête justifiaient cette mesure.
Sans menottes, l’ancien Ministre a quitté les locaux de la CRIET en début de soirée pour être conduit à la maison d’arrêt. Son arrestation marque une nouvelle étape dans un dossier judiciaire d’une ampleur inédite. À ce jour, plus de cinquante personnes sont déjà placées en détention provisoire dans le cadre de cette affaire, tandis qu’une quinzaine de mandats d’arrêt supplémentaires ont été délivrés. Les enquêteurs cherchent à établir l’étendue exacte des complicités, tant militaires que civiles, ayant entouré la tentative de renversement des institutions. Le profil d’Allassane TIGRI, à la fois acteur politique et proche parent du principal mis en cause, confère à son inculpation une dimension hautement sensible.
Cette arrestation intervient dans un contexte de fermeté affichée des autorités face à toute atteinte à l’ordre constitutionnel, conformément aux instructions données par le chef de l’État et rappelées publiquement par le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre HOUNGBÉDJI, à l’issue du Conseil des Ministres du 28 janvier 2026. Alors que l’instruction se poursuit, l’opinion publique reste suspendue aux révélations à venir dans ce dossier explosif, qui met à l’épreuve la solidité des institutions et la capacité de l’État à préserver la stabilité républicaine.
Tchékpémi Jacques AHOUANSOU